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Ces 5 fois où les JO d’hiver sont devenus très politiques

Ces 5 fois où les JO d’hiver sont devenus très politiques

Entre invasions, menaces d’emploi de l’arme nucléaire et propagande nazie, les Jeux olympiques ont tout vu.

Par SEBASTIAN STARCEVIC

Illustration par Natália Delgado /POLITICO

Les Jeux olympiques d’hiver font leur retour en Europe cette semaine. Milan et Cortina d’Ampezzo s’apprêtent à accueillir les plus grands athlètes du monde dans les Alpes italiennes.

Mais au-delà des patinoires et des pistes de ski, les Jeux sont depuis longtemps le théâtre d’alliances mondiales, de rivalités politiques exacerbées et de crises diplomatiques.

“Un événement comme les Jeux olympiques est intrinsèquement politique, parce que c’est en réalité une compétition entre nations”, décrypte Andrew Bertoli, maître de conférences à l’IE de Madrid, qui étudie les liens entre sport et politique. “Les Jeux peuvent donc devenir une arène où les nations rivalisent pour le prestige, le respect et le soft power.”

Si l’on se fie à l’histoire, l’édition italienne ne devrait pas déroger à la règle. Des guerres aux nazis en passant par les crises nucléaires, voici cinq fois où la politique et les Jeux olympiques d’hiver se sont entrechoqués.

1980 : le “miracle sur glace” américain

L’un des moments les plus emblématiques de l’histoire olympique s’est déroulé dans un contexte de résurgence des tensions entre les Etats-Unis et l’Union soviétique, en pleine guerre froide. L’URSS avait envahi l’Afghanistan quelques mois auparavant et le ton de Washington vis-à-vis de Moscou s’était durci, Ronald Reagan ayant été élu un mois plus tôt à la présidence sur un programme très antisoviétique.

Lors des Jeux d’hiver de 1980 à Lake Placid, dans l’Etat de New York, cette rivalité entre superpuissances s’est matérialisée sur la patinoire. L’équipe de hockey sur glace masculin des Etats-Unis — composée en grande partie de joueurs universitaires et d’amateurs — affrontait l’équipe soviétique, une machine aguerrie aux multiples médailles d’or. Sur le papier, les Américains n’avaient pas la moindre chance.

C’est alors que l’impossible se produisit.

Les Etats-Unis remportèrent la finale 4-3, décrochant ainsi la médaille d’or. Alors que les dernières secondes s’écoulaient, Al Michaels, le présentateur d’ABC, s’écria : “Croyez-vous aux miracles ? Oui !”

Les conséquences de cette victoire se sont fait sentir bien au-delà de la patinoire. Pour beaucoup d’Américains, ce fut une bouffée d’oxygène dans une période marquée par des tensions et des divisions géopolitiques. Reagan déclara plus tard que c’était la preuve que “les gentils dans un monde dur peuvent finir premiers”. L’héritage du miracle s’est perpétué au XXIe siècle, l’actuel président américain Donald Trump ayant décerné aux membres de l’équipe de hockey la médaille d’or du Congrès en décembre dernier.

2014 : la Russie envahit la Crimée après Sochi

Quatre jours.

C’est le temps qu’a attendu Moscou, après avoir accueilli les Jeux olympiques d’hiver dans la station balnéaire russe de Sotchi, pour envoyer des troupes en Crimée, afin d’occuper et d’annexer la péninsule ukrainienne.

Quelques jours auparavant, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch s’était réfugié à Moscou, chassé par des manifestants qui réclamaient la démocratie et une intégration plus étroite avec l’Union européenne. Alors que les manifestants remplissaient la place de l’Indépendance de Kiev, leurs affrontements avec les forces de l’ordre étaient retransmis sur les écrans télé du monde entier, qui au même moment rediffusaient les temps forts de ces Jeux dont la Russie avait dominé le tableau des médailles.

Vladimir Poutine pose avec des athlètes russes lors d’une visite du village olympique Coastal Cluster avant les Jeux olympiques d’hiver de Sochi 2014. | Pascal Le Segretain/Getty Images

A peine la flamme olympique s’était-elle éteinte à Sotchi le 23 février que, le 27, des camions et des chars entraient en Crimée. Des soldats en uniforme banalisé dressèrent des barrages routiers, prirent d’assaut les bâtiments du gouvernement local et hissèrent le drapeau russe.

Plus tard la même année, Moscou fut accusé d’avoir mis en plus un programme de dopage soutenu par l’Etat et nombre de ses athlètes furent privés de leurs médailles d’or.

2022 : la Russie envahit l’Ukraine… à nouveau

Un air de déjà-vu ?

Le président russe Vladimir Poutine fit une apparition lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de Pékin en 2022, rencontrant en marge de l’événement son homologue chinois Xi Jinping et annonçant un partenariat “sans limites”.

Quatre jours après la fin des Jeux, le 24 février, Vladimir Poutine lança une “opération militaire spéciale”, déclarant la guerre à l’Ukraine. En l’espace de quelques minutes, les troupes russes envahirent le pays et des missiles s’abattirent sur Kiev, Kharkiv et d’autres villes.

Selon le New York Times, les autorités chinoises avaient demandé au Kremlin d’attendre la fin des Jeux avant de lancer l’attaque. Depuis, Pékin a nié avoir eu connaissance à l’avance de l’opération.

2018 : l’unité coréenne à l’honneur

Alors que la Corée du Sud se préparait à accueillir les Jeux d’hiver dans sa région montagneuse de Pyeongchang, à quelques centaines de kilomètres de la frontière, les Nord-Coréens procédaient à des essais de missiles nucléaires, suscitant l’inquiétude du monde entier et conduisant le président américain Donald Trump à menacer de lancer des frappes sur le pays. Le Comité international olympique assurait “surveiller de près” la situation, en réponse aux inquiétudes sur la possibilité d’organiser les Jeux en toute sécurité sur la péninsule.

Le vice-ministre sud-coréen de l’Unification, Chun Hae-Sung, serre la main du chef de la délégation nord-coréenne, Jon Jong-Su, après leur rencontre le 17 janvier 2018 à Panmunjom, en Corée du Sud. | Ministère de l’Unification de la Corée du Sud via Getty Images

Mais dans son discours du Nouvel An, le dictateur nord-coréen Kim Jong Un s’était montré ouvert à une participation aux Jeux olympiques d’hiver. Finalement, les athlètes nord-coréens non seulement participèrent aux Jeux, mais lors de la cérémonie d’ouverture, ils défilèrent avec leurs homologues sud-coréens sous un seul et même drapeau, celui d’une Corée unifiée.

Pyongyang et Séoul unirent également leurs forces dans le hockey sur glace féminin, en envoyant une seule équipe en compétition — une autre démonstration rare d’unité qui avait contribué à relancer les pourparlers diplomatiques entre les gouvernements, bien que les tensions aient repris après les Jeux et se poursuivent encore aujourd’hui.

1936 : Hitler envahit la Rhénanie

On a beaucoup parlé des Jeux olympiques d’été de 1936 à Berlin, au cours desquels le régime nazi interdit aux athlètes juifs de participer et utilisa les Jeux pour faire de la propagande.

Mais quelques mois plus tôt, l’Allemagne accueillait également les Jeux olympiques d’hiver dans la ville de Garmisch-Partenkirchen, permettant ainsi aux nazis de projeter l’image d’une Allemagne pacifique et prospère, et de restaurer sa position mondiale près de vingt ans après la Première Guerre mondiale. Une célèbre photographie de l’événement montre même Adolf Hitler et Joseph Goebbels signant des autographes pour l’équipe canadienne de patinage artistique.

Quelques semaines après la fin des Jeux, Hitler envoya des troupes en Rhénanie, une violation majeure du traité de Versailles qui ne suscita que peu de réactions de la France et de la Grande-Bretagne et qui, selon certains historiens, enhardit les nazis à envahir la Pologne, déclenchant ainsi la Seconde Guerre mondiale.

Cet article a d’abord été publié par POLITICO en anglais, puis a été édité en français par Jean-Christophe Catalon.

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